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Univers au féminin

mode, shopping, tendances

Déco : l’ikebana fait parler les fleurs

Publié le 22 Décembre 2016 par Lisa Thauvin

Déco : l’ikebana fait parler les fleurs

Que faites-vous quand vous recevez un gros bouquet de fleurs ? Vous le posez dans un vase. Fin de l’histoire.

L’ikebana, à l’inverse, procède d’une recherche qui consiste à transformer en œuvre d’art une branche, une fleur, un feuillage. Les végétaux sont disposés selon leur forme et leurs couleurs, de manière à répondre aux lois de l’harmonie et de l’esthétique. Avec un maître mot: la simplicité. Tout comme le thé vert ou les sushis, l’ikebana est en train de conquérir toute une génération occidentale branchée design et avide de zénitude. C’est que dans une déco minimaliste qui rappelle le dépouillement des foyers japonais traditionnels, l’ikebana est particulièrement mis en valeur. Cela dit, l’esthétique n’est qu’un des aspects d’un art riche en symboles.

«Dans sa composition, un ikebana reproduit les trois dimensions: la terre, l’homme et le ciel», explique Sylvie Jaquier, qui enseigne l’ikebana dans un canton Suisse. Chaque élément d’un bouquet a une signification précise. Ainsi un bouton de fleur symbolise l’avenir et le renouveau, une fleur ouverte l’épanouissement. Le bambou représente la prospérité. Indispensable, l’asymétrie de la composition évoque le mouvement et la vie.

Communier avec la nature dans ce qu’elle a de plus sacré, rechercher la perfection des lignes, tels sont les grands principes de l’ikebana. Il s’agit d’observer chaque élément de la nature d’un œil neuf : ligne d’une branche, texture d’une feuille, couleur et volume d’une fleur. D’écouter l’esprit des plantes. «Chacun est un artiste avec une branche, s’il sait l’écouter» a déclaré Noriko Onda. Cet adepte de l’école Sogetsu conseille de rentrer en contact avec les fleurs et de faire la conversation avec elles afin de savourer cette rencontre unique !

Religieuse au départ, la tradition remonte à plus de six cent ans, avec les offrandes de fleurs dans les temples bouddhistes chinois. Au fil des siècles les arrangements floraux se sont répandus dans le monde asiatique, y compris dans les foyers, en devenant de plus en plus sophistiqués. Aujourd’hui, on ne compte pas moins de trois mille écoles différentes, les unes strictement fidèles à la tradition religieuse, d’autres plus portées sur l’aspect esthétique des bouquets, certaines prenant beaucoup de libertés dans le choix des matériaux. Ce sont les Japonais qui ont développé cet art éphémère avec la plus grande ferveur. Pendant longtemps, en vue du mariage, les jeunes filles apprenaient l’ikebana à l’école en même temps que la calligraphie et la cérémonie du thé.

Aujourd’hui, même des femmes modernes et engagées dans la vie active s’initient à une pratique qui leur procure plaisir des yeux et repos de l’esprit. Au premier regard, un ikebana semble très facile à confectionner. Détrompez-vous. Parvenir à une composition équilibrée demande énormément de concentration et de patience. C’est d’ailleurs un aspect particulièrement apprécié des personnes qui pratiquent l’ikebana : quand on est plongée dans la confection d’un arrangement floral, on oublie tout. Les problèmes et les soucis s’envolent. Il ne reste que la magie de l’instant.